Lors du XXIIe festival du Muscadeath, nous avons eu la chance de pouvoir rencontrer Sven de Caluwé, le chanteur d'Aborted, groupe de death metal de renommée internationale.
Aborted
Ton groupe a sorti en 2024 un 12e album intitulé Vault of horrors inspiré d'une série de BD des années 50 du même nom.
Oui, c'est vrai, mais cela ne parle pas de ça. C'est quelque chose de creepshow en fait. Et l'album, comme le creepshow, c'est une collection d'histoires de films d'horreur.
Chaque chanson est tirée d'un film d'horreur, et pour chaque chanson tu as invité un guest. Comment as-tu fait ? Tu as composé ta chanson en pensant au guest que tu allais inviter ou bien tu as composé et choisi ensuite ?
Non, en fait, on a tout fini avant. J'ai fait tout le chant sur l'album et, ensuite, je me suis dit qu'il n'y avait aucun groupe qui avait invité un guest sur tous les morceaux, donc on s'est dit : « Il faut que quelqu'un le fasse pour la première fois donc pourquoi pas nous ? » On s'est compliqué la vie au niveau organisation, mais on a invité plein de potes et au final, cela s'est fait plutôt facilement. Le mix était un peu difficile car tu as des prises qui viennent d'un peu de partout, le producteur a dû bosser un peu dessus, mais ça s'est bien fait et le résultat nous plaît beaucoup.
D'ailleurs à ce sujet, pourquoi avoir choisi tel guest pour tel film d'horreur ?
Par exemple, le chanteur d'Archspire, je l'ai mis sur "The shape of hate" car c'est le morceau le plus technique de l'album, et Archspire est un groupe super technique. Je les ai choisis un petit peu comme ça. Sinon, une fois que le morceau était fini, je savais qui j'allais inviter en fonction de la voix.
Pas de parallèle entre leur personnalité et le film d'horreur en question, alors ?
Non, non, je ne suis pas si malin que ça en fait. (rires)
Tu as de toute façon l'habitude d'inviter des guests sur tes albums...
Oui, normalement on en a toujours quelques uns.
Mais on n'a pas eu le chanteur de Benighted cette fois-ci !
Non, mais c'est bon, on l'a déjà eu 3/4 fois ! On ne va pas le faire trop souvent. En plus, il ne porte pas de chaussures, il pue ! (rires) Je pars avec lui en tournée dans moins d'un mois...
Au niveau de la composition, tu composes les paroles. Et pour la musique, cela se passe comment ?
Je fais les paroles, le chant et le concept. Pour la musique, j'aide beaucoup avec les structures et les trucs comme ça. Les riffs et le reste, c'est le reste du groupe.
Vous existez depuis près de 30 ans, est-ce que dans ce nouvel album, il y a des choses redondantes ? Est-ce difficile de se renouveler ?
Pour cet album surtout, on voulait faire quelque chose de très différent des albums d'avant. On a vraiment pris notre temps. On avait assez de morceaux pour remplir deux albums. Mais on ne voulait pas qu'il soit trop long car c'est quand même de la musique extrême et que l'attention des jeunes ne restent pas longtemps. Donc, on a voulu faire quelque chose d'hyper efficace. On a pris le temps, presque deux ans, pour écrire l'album et ensuite, on a fait les choix avec le producteur en studio pour avoir le meilleur résultat.
Aborted
Le résultat est sympa, les premiers clips qui sont sortis et qui accompagnent l'album, graphiquement et visuellement, sont très chouettes. Les atmosphères, les plans, la dynamique m'ont beaucoup plu.
Merci ! Je suis designer, donc je fais très attention à tout ça. Ce qui est intéressant, c'est que le mix des clips avec l'album permet de faire accéder à une globalité.
Tu pratiques un chant très exigeant : as-tu un entraînement particulier ?
Il faut essayer de ne pas forcer et ce qui m'aide beaucoup, moi, c'est d'utiliser les retours dans mes oreilles pour moins forcer. L'échauffement est important, notamment pour les dates solos. En tournée, au bout de quelques jours, tu as besoin de moins t'échauffer. Boire beaucoup d'eau, bien dormir...
J'ai lu des petites choses par ci, par là, que tu vas confirmer ou non. Ton père était boucher, quand tu étais jeune, tu réalisais des autopsies d'animaux ?
Mon père était bien boucher. J'ai bossé pour l'université vétérinaire de Gand pendant quelques années. Je ne faisais pas les autopsies, mais je devais les documenter. On a filmé certains de nos vieux clips à mon travail.
De toute ta longue carrière, as-tu des anecdotes marrantes ou glauques à nous raconter, des choses qui t'ont marquées ?
Oh la la, plein ! Mais je ne sais pas si je devrais les dire !! (rires) La première fois qu'on a joué en Colombie, en festival, notre hôtel était gardé par l'armée. Hôtel que nous avons eu beaucoup de mal à trouver, le chauffeur a tourné pendant une heure dans les favelas. On était très stressé et l'ambiance était angoissante. Le matin, lorsque nous nous sommes levés, en ouvrant les volets, nous sommes tombés sur un cadavre sur la pelouse de l'hôtel. C'était très glauque et on a compris la présence de l'armée. Huit ans après, je retourne en Colombie, j'ai dû partir une journée après le groupe et je me suis retrouvée dans le même hôtel et de nouveau le chauffeur ne trouvait pas cet hôtel !
On va changer un peu d'ambiance : le pays qui vous réserve le meilleur accueil ?
C'est difficile, mais je dirais les USA et la France. Ils sont très enthousiastes et ont beaucoup d'énergie.
Vous allez fêter vos 30 ans l'année prochaine, il y a des choses de prévues ?
On a des choses de prévues que je ne peux pas vous dire, mais nous sommes surtout occupés en ce moment avec la promotion de l'album que nous venons de sortir et la tournée qui va bientôt commencer. On fait les USA en février/mars, l'Europe en avril/mai et après, on va regarder pour les 30 ans.
As-tu quelque chose à dire au public du Muscadeath ?
J'ai hâte de les rencontrer et j'espère qu'on va tous s'éclater ce soir pour notre première fois au Muscadeath !
Nous te remercions Sven pour ton accueil et ta bonne humeur ! Merci à l'organisation du Muscadeath et à Alex de M&O office pour leur accueil.
Photos : Nolive
Publié dans le Mag #62





